Engagée demain à Milan-Cortina 2026, Margot Ravinel a répondu à nos questions

Elle vit sa 13ème saison dans les rangs de l’Athlé St-Julien 74. Ayant commencé l’athlétisme sous nos couleurs en septembre 2013, alors en catégorie Benjamines U14F, Margot Ravinel n’a cessé de progresser. Aujourd’hui spécialisée en ski-alpinisime, elle va découvrir les Jeux Olympiques, à Milan-Cortina 2026, ce jeudi 19 février, engagée sur l’épreuve du sprint. Entretien, réalisé fin janvier.

Comment et quand ta passion pour le ski-alpinisme a débuté ?

Quand j’étais au lycée, mon tonton faisait du ski de rando et le voir avec ses skis aller en hors piste ou il voulait ma vraiment donné envie donc j’ai dit à mon papa que je voulais en faire aussi, donc nous nous sommes inscrits au ski de club de Cruseilles. Je faisais déjà du ski alpin et de l’athlétisme, j’avais l’esprit compétition, donc quand on a vu qu’il y avait des compétitions, à ce moment là Laetitia Roux dominait le circuit, j’ai eu envie d’essayer et j’ai tout de suite accroché !

Quelles autres passions que le ski-alpinisme as-tu ?

J’adore courir, je fais de l’athlétisme depuis la 5ème a l’ASJ74 et j’ai gardé cette passion. En sport, j’aime aussi beaucoup le squash que j’ai découvert grâce à mon copain, on en fait de temps en temps et ça me défoule. Sinon, je fais de la couture quand j’ai le temps et des idées et j’adore la musique : notamment chanter, le piano et la guitare.

Quand as tu honoré ta première sélection jeune puis Élite en EDF ?

Jeune c’était aux championnats du monde en 2019. Élite c’était lors de la saison 2023/2024.

Quel est ton meilleur souvenir, skis alpi aux pieds ?

Ski de randonnée c’était notre première sortie initiation qu’on a faite avec mon papa à Serre Chevalier, de nuit, j’avais trop aimé skier dans la fraîcheur du soir et la descente en frontale. Ski alpi c’était les championnats de France de vertical, je n’avais jamais mis de skis aussi fins, avec des peaux fines et courtes. Tout allait bien, jusqu’à ce que la pente se raidisse, je n’accrochais plus à la neige car je n’avais pas la technique. Donc je suis restée bloquée un moment avant de réussir à repartir grâce aux conseils des spectateurs.

Comment as tu vécu ton début de saison 25/26 ?

L’enjeu était assez important pour ce début de saison, donc c’était stressant mais comme j’en ai beaucoup discuté, que j’avais confiance en notre préparation, que je savais ce que j’avais à faire, j’ai réussi à profiter des premières courses et donner le meilleur de moi même. Surtout qu’à Courchevel, il y avait de nombreux spectateurs dont ma famille, donc ça m’a beaucoup poussé. J’étais très contente de ce que j’ai produit et des résultats, la saison a super bien commencé.

Quel est ton format de course de ski-alpinisme préféré ?

J’ai l’impression que j’aime beaucoup le relais pour la durée deffort et les manipulations. Et j’adore l’individuelle pour les parcours en hors piste, les paysages et la possibilité d’aller un peu vite pendant longtemps.

Comment as-tu appris ta sélection aux J.O. de Milan-Cortina 2026 à venir et comment as-tu réagi à cette annonce ?

Je l’ai appris lundi 19 janvier à 14h30, nous avions rendez vous en visio avec la comission de sélection et ils m’ont annoncé que j’étais sélectionnée. J’ai souri quand ils me l’ont annoncé, c’est vrai qu’au vu de mes résultats, je m’attendais à ce qu’ils me sélectionnent donc je n’ai pas ressentis des émotions intenses comme ça a pu être le cas auparavant. Mais j’étais super contente !

Que penses tu du programme de ski-alpinisme aux J.O. ?

Les JO font un peu débat dans notre sport car ce sont les épreuves courtes et sur piste qui seront aux JO et elles ne représentent pas le ski alpinisme authentique que l’on imagine. Moi aussi j’aurai aimé que l’individuelle y soit notamment. C’est vrai que le fait d’être olympique nous a permis de nous professionnaliser, d’avoir plus de soutien et de moyens donc de progresser. Cela permettra aussi on l’espère de donner envie aux jeunes ou aux gens de faire du ski alpinisme ou du ski de randonnée pour développer notre sport.

Jai eu envie de me lancer dans l’aventure olympique car je trouve que même si le sprint et le relais ne représentent pas le ski alpinisme historique, ses disciplines nécessitent des qualités qui me plaisent aussi : détails dans les manipulations, résistance au lactique, capacité à gérer des temps de repos et d’effort, intelligence de course. J’espère que l’individuelle sera ajoutée aux JO des Alpes 2030 (la fédération pousse pour l’ajouter) afin de représenter toutes les disciplines.

Sur quelle(s) course(s) seras tu alignée ?

Sur le sprint le 19 février a Bormio.

Comment et où vas tu préparer ces JO ?

Je dirai que je prépare les JO depuis que je m’entraîne, car c’est le fruit d’un entraînement progressif et adapté quotidien pendant des années qui m’a permis d’être là où j’en suis aujourd’hui. Mais sinon, c’est vraiment depuis ce printemps  que j’ai orienté ma préparation pour tenter de me sélectionner car je me disais que c’était possible.

Et depuis l’annonce de ma sélection, j’ai deux autres étapes de Coupe du monde prévues avant pour s’entraîner et monter en puissance. Puis je repasserai à Lyon quelques jours pour voir mon préparateur physique Antoine, mes amis avant d’aller à Pralognan pendant 10 jours avec des amis et mon papa, avant le départ pour Bormio. J’ai prévu de m’entraîner comme d’habitude en faisant confiance à mon entraîneur Lucas Mary, et nous allons peut être faire des séances communes avec Lucas et Emily !

Avec quels objectifs ?

Mon objectif sera de profiter de cette dernière étape de préparation, garder le plaisir et me challenger sur les séances intenses en essayant de descendre mes chronos. Et travailler sur les détails a améliorer par rapport aux erreurs passées.

A Bormio, ce serait de faire du mieux que je peux et après je me dis que je peux envisager un podium au vu de mes résultats actuels, mais comme c’est une course d’un jour et dans un mois, je ne sais pas si j’y arriverais. Donc je préfère me concentrer sur mon plan d’action et profiter de l’expérience !

Le petit mot de la fin ?

Je suis reconnaissante envers toutes les personnes qui m’ont emmené jusqu’ici. J’ai l’impression que mon entourage me donne beaucoup de joie et d’énergie qui me permettent de me dépasser à l’entraînement et de me motiver quand j’ai moins envie, mais surtout de me sentir bien au quotidien.

Biographie de Margot Ravinel :
Âge : 23 ans et demi
Taille : 1,64m
Poids : 51kg
Domiciliation : Saint-Blaise
Club : Club des Sports de Chamonix
Occupation : Etudiante à l’INSA Lyon

Le ski-alpinisme format sprint pour les nuls :
La course sprint se compose d’une montée suivie d’une descente. L’ascension s’effectue en trois temps : les athlètes démarrent skis aux pieds, avant de les enlever pour les fixer sur leur sac à dos afin de gravir une série de marches. Ils rechaussent ensuite les skis pour une dernière portion en montée, puis retirent les peaux avant d’entamer la descente jusqu’à la ligne d’arrivée. Plusieurs manches éliminatoires sont disputées avant la finale, à l’issue de laquelle les médailles sont attribuées. Chaque manche dure en moyenne environ 3 minutes 30.

Le programme du sprint femmes de ce jeudi 19 février 2026 :
– Qualification à 9h50
– Phases finales à 12h55
– Finale à 13h55

Force à toi, Margot, tout l’ASJ74 est avec toi !
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